Mini moi

J’ai tellement eu de bons commentaires sur mon éditorial du mois de mai 2012 dans la revue Espaces et en anglais dans Adventura que j’ai pensé vous le partager ici. Vous me direz ce que vous en pensez.

Mini moi
Une toute nouvelle aventure vient de commencer pour moi : ma copine vient de donner naissance à notre premier enfant. Une fille. Dès le début, nous avons appelé le fœtus « Dragonnette ». Comme c’est l’année du dragon et que Marie est un huitième Chinoise, nous avons pensé que cela représentait un excellent titre de travail. En fait, nous ne savions pas encore quel nom lui donner et nous ne voulions pas gâcher cette première décision importante dans sa vie. Mais il était essentiel pour nous de trouver un nom qui sonnerait bien autant en français qu’en anglais et qui ne donnerait pas 10 millions de résultats en le googlant.

Nous avons même décidé de ne pas connaître le sexe de l’enfant dès le départ. Nous avons donc progressé dans ce projet en n’ayant aucune réponse pour les gens qui se demandaient quelle couleur choisir pour les cadeaux de nouveau-né. C’était aussi une manière détournée d’embarquer les gens avec nous dans cette belle aventure. Nous avons donc demandé au médecin d’écrire le sexe du bébé dans une enveloppe que nous avons ouverte le soir de Noël. C’était magique! Tout comme réussir à surmonter l’adversité en plein air en sachant que tout ira dorénavant pour le mieux, ou enlever ses peaux de phoques en haut d’une belle pente, quelques secondes avant une descente épique dans 25 centimètres de poudreuse.

Ce nouveau projet, comme c’est majoritairement le cas lorsqu’on sort des sentiers battus, a presque suivi le plan prévu. Mais comme avec n’importe quelle aventure, les choses ne se passent jamais tout à fait comme on l’avait anticipé. Tout s’est bien passé, sauf à la toute fin, quand notre petit ange a décidé de se présenter par le siège au mauvais moment. Marie ne savait pas exactement quels étaient les risques d’une césarienne, mais elle n’avait pas tellement le choix non plus. Après une rapide opération, Naomi a ouvert les yeux pour la première fois.

Sera-t-elle une grimpeuse? Une skieuse? Est-ce qu’elle aimera le plein air autant que nous? Difficile à dire. Quand j’ai demandé à Marie à quel âge je pourrais l’amener en camping d’hiver ou en escalade de glace, elle m’a répondu : « Pas avant qu’elle soit en mesure de dire qu’elle a froid! » Nous avons bon espoir de lui faire vivre suffisamment d’expériences de plein air pour éveiller en elle une passion intense pour la vie active. Est-ce que cette passion sera aussi forte que la nôtre? Ou plus forte encore? Nous espérons que son désir de dormir dans une tente, randonner dans les sentiers en forêt, pratiquer l’escalade ou faire du vélo de montagne dans la bouette sera plus fort que son désir de passer la fin de semaine à magasiner avec ses amies. Après tout, on a déjà une paire de skis et un harnais d’escalade pour elle! 

Un de mes amis m’a dit que lorsqu’on a des enfants, notre vie s’arrête. Je ne suis pas sûr de comprendre ce qu’il voulait dire : depuis que je suis devenu père, je vois plutôt une nouvelle occasion de sortir de mon confort et de partager l’amour pour le plein air. Ça peut paraître cliché, mais je vois le monde d’une toute nouvelle manière. Comme les yeux émerveillés de ma fille qui cherchent à comprendre le monde qui l’entoure, je suis heureux de pouvoir partager mes passions avec une personne de plus sur cette Terre. Et ça, c’est tout simplement génial! 

– Christian Lévesque, rédacteur en chef revue Espaces